Autocratie électorale
Des élections sont organisées, mais elles ne sont que partiellement libres et équitables, et visent à assurer le pouvoir du gouvernement.
Des élections sont organisées, mais elles ne sont que partiellement libres et équitables, et visent à assurer le pouvoir du gouvernement.
La Géorgie obtient un score de 34 sur 100 points dans l'indice de démocratie PolitPro.
Au cours des 10 dernières années, l'indice de démocratie s'est fortement détérioré.
La démocratie géorgienne s'apparente à des montagnes russes, oscillant entre ambition européenne et héritage post-soviétique. Le pays est souvent considéré comme un phare dans la région, mais ses fondations s'effritent. Alors que la société civile reste dynamique et orientée vers l'Occident, les tendances autoritaires se renforcent au sein de la direction. Un « recul démocratique » insidieux est à l'œuvre, où les institutions démocratiques sont de plus en plus sous pression. La Géorgie est à la croisée des chemins : la quête de standards libéraux se heurte frontalement à la soif de pouvoir des élites politiques.
Évalue dans quelle mesure la séparation des pouvoirs, les tribunaux indépendants et les droits fondamentaux sont protégés en Géorgie.
Les contrôles de l'État de droit et les libertés ont été sensiblement restreints.
L'État de droit en Géorgie est la principale source d'inquiétude. Bien que des lois modernes existent, la justice souffre d'une politisation dangereuse. Les critiques évoquent un « système de clans » au sein des tribunaux, loyal envers l'exécutif. La protection des minorités, notamment LGBTQ+ ou religieuses, reste précaire et est souvent sacrifiée aux intérêts géopolitiques. L'indépendance des juges n'est souvent qu'une façade, ce qui sape systématiquement la confiance des citoyens dans l'État et sa fonction de protection de l'individu.
Évalue si les élections en Géorgie sont libres, équitables et ouvertes, et si le gouvernement est réellement élu.
L'intégrité et la liberté des élections se sont nettement détériorées.
Les élections en Géorgie sont compétitives, mais rarement dans des conditions équitables. L'opposition peut se présenter, mais elle lutte contre un appareil d'État surpuissant. Le détournement de ressources, l'achat de voix et la domination des médias proches du gouvernement faussent la compétition. Un changement de pouvoir est théoriquement possible par les urnes, mais il est rendu difficile par l'énorme concentration de capital et d'influence entre les mains de quelques acteurs. Le scrutin est donc moins une compétition sportive équitable qu'une lutte inégale pour l'existence politique.
Évalue si les décisions politiques en Géorgie reposent sur des arguments et des discussions publiques.
La qualité des débats publics et de la délibération a fortement diminué.
Le discours politique est marqué par une polarisation profonde, presque insurmontable. Au lieu d'un échange factuel axé sur le bien commun, c'est une rhétorique d'hostilité qui prévaut. Les débats se déroulent souvent non pas au Parlement, mais dans la rue ou lors d'émissions télévisées partisanes. Les faits perdent de leur poids dans cet environnement hautement émotionnel. Les décisions semblent souvent opaques et sont davantage le fruit de tractations en coulisses que d'un processus de délibération public et inclusif, ce qui empoisonne la culture politique.
Évalue si tous les citoyens de Géorgie participent de manière égale, indépendamment de leur origine, de leurs revenus ou de leur éducation.
L'égalité politique et la participation sociale ont fortement régressé.
Le fossé social en Géorgie détermine de manière significative l'influence politique. Alors que l'élite urbaine de Tbilissi a accès à l'éducation et aux réseaux, la population rurale reste souvent politiquement marginalisée. La richesse est directement corrélée à la capacité de faire valoir ses intérêts au sein du système. Bien que formellement égales en droits, les femmes se heurtent souvent à des plafonds de verre dans la structure patriarcale. Cette inégalité fait que le système politique sert principalement les besoins de ceux qui peuvent se permettre d'être entendus.
Indique dans quelle mesure la population de Géorgie exerce une influence par le biais de partis, d'associations ou de groupes.
Les possibilités de participation directe ont été sensiblement réduites.
La société civile est le cœur de la participation géorgienne. Les ONG et les activistes sont extrêmement vigilants et dotés d'une forte capacité de mobilisation. Pourtant, des outils formels robustes, tels que des référendums nationaux efficaces, font défaut. L'autonomie locale reste faiblement financée et dépend des subsides du gouvernement central. L'engagement citoyen est donc majoritairement réactif – se manifestant par des manifestations de masse dans la rue – plutôt que proactif, ancré dans des processus de participation institutionnalisés au quotidien politique.
Données de recherche de l'Université de Göteborg sur la démocratie. Des experts politiques indépendants du monde entier évaluent les systèmes politiques selon des critères scientifiques rigoureux.V-Dem – Varieties of Democracy
Coppedge, Michael, John Gerring, Carl Henrik Knutsen, Staffan I. Lindberg, Jan Teorell, David Altman, Fabio Angiolillo, Michael Bernhard, Agnes Cornell, M. Steven Fish, Linnea Fox, Lisa Gastaldi, Haakon Gjerløw, Adam Glynn, Ana Good God, Allen Hicken, Katrin Kinzelbach, Kyle L. Marquardt, Kelly McMann, Valeriya Mechkova, Anja Neundorf, Pamela Paxton, Daniel Pemstein, Josefine Pernes, Johannes von Römer, Brigitte Seim, Rachel Sigman, Svend-Erik Skaaning, Jeffrey Staton, Aksel Sundström, Marcus Tannenberg, Eitan Tzelgov, Yi-ting Wang, Tore Wig, and Daniel Ziblatt. 2026. "V-Dem Codebook v16" Varieties of Democracy (V-Dem) Project.