Démocratie imparfaite
Il y a des élections libres, mais le contrôle du gouvernement et l'État de droit sont limités.
Il y a des élections libres, mais le contrôle du gouvernement et l'État de droit sont limités.
La Grèce obtient un score de 65 sur 100 points dans l'indice de démocratie PolitPro.
Au cours des 10 dernières années, l'indice de démocratie s'est fortement détérioré.
La Grèce se présente aujourd'hui comme une démocratie européenne stable, ayant surmonté les profondes secousses de la crise de la dette souveraine. La tendance montre une résilience remarquable des institutions, mais le chemin de la gestion de crise à une excellence libérale pleinement mature n'est pas encore achevé. En comparaison mondiale, le pays occupe une place solide dans le milieu de tableau occidental. Tandis que la base structurelle est établie, les observateurs internationaux appellent à la vigilance concernant la liberté de la presse et la lutte contre la corruption afin d'éviter un « glissement » progressif.
Évalue dans quelle mesure la séparation des pouvoirs, les tribunaux indépendants et les droits fondamentaux sont protégés en Grèce.
Les contrôles de l'État de droit et les libertés ont été sensiblement restreints.
L'État de droit constitue la colonne vertébrale de la République grecque, mais il est confronté à des obstacles structurels. Bien que la justice opère de manière indépendante, des durées de procédure excessivement longues compromettent l'application effective des droits. La protection des minorités et la surveillance de l'exécutif restent une zone de tension : les acteurs de la société civile réclament régulièrement plus de transparence. L'État protège la liberté individuelle de manière fiable, mais doit prouver que les principes de l'État de droit résistent sans pression extérieure, même sur des sujets politiquement sensibles.
Évalue si les élections en Grèce sont libres, équitables et ouvertes, et si le gouvernement est réellement élu.
L'intégrité et la liberté des élections se sont nettement détériorées.
Les élections en Grèce sont libres, équitables et le résultat d'une concurrence partisane dynamique. L'alternance du pouvoir par le peuple est une réalité établie, ce qui souligne la vitalité de la démocratie électorale. Néanmoins, des déséquilibres existent dans le paysage médiatique : une forte concentration de la propriété des médias entre les mains de quelques groupes d'entrepreneurs peut fausser l'égalité des chances dans le discours politique. Malgré ces défis, le scrutin reste l'instrument de pouvoir incontesté et fonctionnel des citoyens pour déterminer l'orientation politique du pays.
Évalue si les décisions politiques en Grèce reposent sur des arguments et des discussions publiques.
La qualité des débats publics et de la délibération a fortement diminué.
Le discours politique est marqué par une polarisation historique et forte. Les débats sont souvent conflictuels plutôt que consensuels, ce qui entrave un échange objectif sur le bien commun. Bien que des auditions publiques et des débats parlementaires aient lieu, le système tend à privilégier les décisions au sein du pouvoir exécutif. Un véritable processus délibératif, qui place les faits au-dessus de la loyauté partisane, est encore en construction. La société s'efforce de remplacer la rhétorique de la crise par une nouvelle culture de l'argumentation factuelle.
Évalue si tous les citoyens de Grèce participent de manière égale, indépendamment de leur origine, de leurs revenus ou de leur éducation.
L'égalité politique et la participation sociale ont fortement régressé.
Le fossé social reste un défi pour la participation politique. Bien que la loi garantisse l'égalité formelle, dans la pratique, l'influence politique est sensiblement corrélée au statut socio-économique. Le clientélisme, héritage des décennies passées, recule mais influence encore ponctuellement l'accès aux ressources de pouvoir. Les jeunes et les couches économiquement plus faibles se sentent souvent éloignés de la sphère politique. La démocratie doit ici faire ses preuves pour que la représentation politique ne devienne pas le privilège d'élites aisées ou bien connectées.
Indique dans quelle mesure la population de Grèce exerce une influence par le biais de partis, d'associations ou de groupes.
Les possibilités de participation directe ont été sensiblement réduites.
La participation citoyenne s'appuie sur une société civile traditionnellement bruyante et active. Si les référendums directs sont rares au niveau national, les administrations locales offrent un espace d'engagement. Le potentiel de la participation numérique est de plus en plus utilisé pour simplifier les démarches administratives et créer de la transparence. Néanmoins, un fossé subsiste entre la protestation de rue et la participation institutionnalisée. Des syndicats et associations puissants marquent le paysage, mais des outils plus modernes sont nécessaires pour intégrer constructivement l'énergie des citoyens dans le processus législatif entre les cycles électoraux.
Données de recherche de l'Université de Göteborg sur la démocratie. Des experts politiques indépendants du monde entier évaluent les systèmes politiques selon des critères scientifiques rigoureux.V-Dem – Varieties of Democracy
Coppedge, Michael, John Gerring, Carl Henrik Knutsen, Staffan I. Lindberg, Jan Teorell, David Altman, Fabio Angiolillo, Michael Bernhard, Agnes Cornell, M. Steven Fish, Linnea Fox, Lisa Gastaldi, Haakon Gjerløw, Adam Glynn, Ana Good God, Allen Hicken, Katrin Kinzelbach, Kyle L. Marquardt, Kelly McMann, Valeriya Mechkova, Anja Neundorf, Pamela Paxton, Daniel Pemstein, Josefine Pernes, Johannes von Römer, Brigitte Seim, Rachel Sigman, Svend-Erik Skaaning, Jeffrey Staton, Aksel Sundström, Marcus Tannenberg, Eitan Tzelgov, Yi-ting Wang, Tore Wig, and Daniel Ziblatt. 2026. "V-Dem Codebook v16" Varieties of Democracy (V-Dem) Project.